Pourquoi la mer est salée ? conte...

Publié le par Pascal Coquet

En ces temps-là, il y a très longtemps, les hommes aimaient inventer des histoires pour expliquer ce qu’ils ne comprenaient pas. Voici ce qu’ils racontaient dans les cahutes pour expliquer pourquoi l’eau de la mer est salée. Bien installés auprès d’un feu de bois. Dehors la fureur des éléments, le froid, le frima, le vent souffle sur les volets battants, la pluie frappe sur les carreaux dépolis. Dans la cheminée le feu crépite. L’éclairage des flammes baigne les visages réjouis, rayonnants dans une lueur étrange, presque irréelle, vaporeuse. On est bien chez soi, à l’abri, au chaud. Une loque sur les épaules, les pieds dans de bonnes vieilles charentaises, les yeux rivés sur le conteur qui va nous plonger dans une bien belle histoire, on est heureux...

Oyez la légende de l'océan salé !

Oyez la légende de l'océan salé !

Il était une fois, il y a très longtemps, un pauvre bûcheron. Un soir, alors qu’il préparait son dîner, un tout petit homme apparut et lui tint à peu près ce language :

« Je suis le nain Flic-Floc, j’ai faim". " Assieds-toi à côté de moi, répondit le bûcheron, nous allons partager mon repas". Ils se mirent à table et vidèrent ensemble une marmite de soupe de légumes bien chaude avec quelques saucisses grillées.

A la fin du repas, le nain Flic-Floc dit au bûcheron : « Tu es généreux. Alors, je vais te faire un cadeau. Voici pour toi un moulin, un moulin magique. Il suffit de dire : Petit moulin, il faut me moudre ceci et le moudre bien vite pour qu’il se mette à moudre tout ce que tu désires. Pour l’arrêter, tu n’auras qu’à dire maralata-maliba. » Et le nain disparut très vite.

Le bûcheron posa le moulin devant sa vieille cabane et lui dit : « Petit moulin, il faut me moudre une belle maison et la moudre bien vite. » Et le petit moulin se mit à moudre la plus jolie des maisons. Comme le moulin finissait de moudre la dernière tuile du toit, le bûcheron s’écria : « maralata-maliba. ! » et le moulin s’arrêta.

Emerveillé, le bûcheron porta le moulin dans le pré et lui dit : « Petit moulin, il faut me moudre des animaux et les moudre bien vite. » Et le moulin se mit à moudre des moutons, des chevaux et des cochons. Comme le petit moulin finissait de moudre la queue du dernier petit cochon, le bûcheron s’écria : « maralata-maliba ! » et le moulin s’arrêta. Ensuite, le bûcheron fit la même chose avec les vêtements : chaussettes, pantalons, tricots, bonnets…Si bien qu’à la fin, il eut tout ce qu’il lui fallait.

Alors, il rangea le moulin magique et n’y pensa plus.

Sur ces entrefaits, un jour, le capitaine d’un grand bateau de pêche arriva chez le bûcheron. Il venait acheter le plus beau des arbres de la forêt pour remplacer le mât de son bateau cassé par la tempête. Il voulait aussi de belles planches bien solides pour réparer la coque de son bateau. Le bûcheron l’écouta et lui dit : « Pas de problème, dès demain tout sera prêt ! » Alors, il alla chercher le moulin magique et dit : « Petit moulin, il faut me moudre de belles planches et les moudre bien vite. » Et le moulin se mit à moudre les planches sous les yeux émerveillés du capitaine.

Le lendemain matin, le capitaine vint récupérer les planches et pendant que le bûcheron avait le dos tourné, il vola le moulin et courut jusqu’à son bateau. Dès qu’il fut en mer, le capitaine appela les matelots : « Allez chercher les tonneaux de sel, nous allons les remplir ! » Puis il prit le petit moulin et lui dit : « Petit moulin, il faut me moudre du sel et le moudre bien vite. » Et le moulin se mit à moudre, à moudre du sel, du beau sel blanc tout en poudre fine.

Quand les tonneaux furent pleins, le capitaine lui dit : « En voilà assez, petit moulin, nous avons de quoi saler toutes les morues et tous les harengs que nous pêcherons. » Mais le moulin continuait de moudre du beau sel blanc tout en poudre fine. Et le sel s’amassait sur le pont du bateau.

« Assez, criait le capitaine furieux, assez ! » Mais le moulin ne voulait rien savoir. Et le sel commençait à remplir les cales du bateau. A la fin, comme le bateau trop chargé allait couler, le capitaine prit le moulin et le jeta par-dessus bord. Le moulin tomba au fond de la mer.

Et le moulin continua à moudre du beau sel blanc tout en poudre fine… Et c’est depuis ce jour, que l’eau de la mer est salée...

Conte chinois, remanié

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